Le ministère de l’Industrie Pharmaceutique somme les opérateurs de libérer les stocks
Le ministère de de l’Industrie Pharmaceutique somme les opérateurs de libérer les stocks afin de rétablir un approvisionnement régulier dans les pharmacies. Le ministère de l’Industrie Pharmaceutique émet, en effet, une note sommant les opérateurs du secteur (production, importation et distribution) de libérer les stocks de médicaments disponibles dans un délai de 48 heures à …
Le ministère de de l’Industrie Pharmaceutique somme les opérateurs de libérer les stocks afin de rétablir un approvisionnement régulier dans les pharmacies.
Le ministère de l’Industrie Pharmaceutique émet, en effet, une note sommant les opérateurs du secteur (production, importation et distribution) de libérer les stocks de médicaments disponibles dans un délai de 48 heures à cinq jours.
Les syndicats saluent la décision
La décision intervient alors que de nombreuses officines signalent encore des ruptures, malgré l’existence de stocks en amont. Accueillie comme une mesure ferme et déterminante par les professionnels, elle met toutefois en lumière l’urgence de trouver des solutions durables pour garantir l’accès des patients à des traitements essentiels. Le Syndicat National des Pharmaciens Algériens Agréés (SNAPO) exprime sa satisfaction face à l’initiative, qu’il considère comme un pas important pour réguler le marché et protéger la santé publique. Toutefois, le syndicat souligne que l’efficacité de cette mesure dépendra de sa mise en œuvre stricte et d’un contrôle permanent sur le terrain.
Le SNAPO insiste sur la nécessité de sanctionner fermement les pratiques contraires à l’éthique, de mettre fin aux ventes conditionnées ou par lots imposés. Il plaide, dans le même sillage, de réactiver la plateforme de signalement des dérives. Le syndicat attire également l’attention sur les prescriptions de médicaments indisponibles, obligeant les patients à de longues recherches souvent infructueuses, alors que des alternatives locales existent. Selon lui, les solutions ponctuelles sont insuffisantes et seules des mesures structurelles, durables et contraignantes permettront de garantir un accès équitable à des médicaments disponibles et à prix raisonnable.
La pénurie, un dossier ancien qui fragilise le secteur
Pour sa part, le Dr Karim Marghami, porte-parole du Syndicat national des pharmaciens privés, rappelle que la pénurie de médicaments est un problème ancien et récurrent qui fragilise le secteur pharmaceutique. «La gestion de ce dossier a échoué ces dernières années, et il est aujourd’hui instrumentalisé par certains opérateurs pour exercer une pression sur les pharmaciens», déplore-t-il. Les ruptures touchent, selon lui, des produits essentiels comme les médicaments pour le diabète, la thyroïde ou encore les inhalateurs pour l’asthme.
Face à cette situation, le ministère a renforcé les stocks de sécurité pour certains médicaments stratégiques, passant la couverture à six mois contre trois auparavant. Le Dr Marghami souligne également que les prix bas de certains médicaments contribuent à leur pénurie, décourageant les fabricants face à la hausse des coûts logistiques et des matières premières.
Des recommandations pour réguler le marché
Le syndicat émis plusieurs recommandations pour réguler le marché. Il cite la révision rationnelle des prix, une étude approfondie des causes de la pénurie ou encore la mise en place de solutions rapides pour éviter les pratiques illégales et non éthiques, telles que la spéculation ou la vente conditionnelle de médicaments sensibles. «Ces pratiques pénalisent pharmaciens et patients et nécessitent une intervention ferme des autorités», souligne-t-il. Il indique que ces préoccupations ont été portées à plusieurs reprises auprès des autorités, notamment à travers des correspondances et des signalements officiels. En parallèle, des réunions ont été organisées dans le cadre du dispositif de veille et de suivi de la disponibilité des médicaments, réunissant l’ensemble des acteurs concernés.
Parmi les recommandations figure le relèvement du stock de sécurité pour certains médicaments stratégiques, désormais fixé à six mois, afin d’anticiper toute rupture. Dans l’immédiat, la mise en œuvre effective de l’instruction du ministère de l’Industrie Pharmaceutique sera déterminante. Elle constitue un premier test pour rétablir l’approvisionnement des officines, dans un contexte où la disponibilité du médicament reste un enjeu central de santé publique.
Samira Azzegag
